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Éducation populaire et démocratie participative

Prendre part à la vie de la Cité, ce n’est pas forcément prendre la parole devant une assemblée de cent personnes. C’est aussi, à son échelle, retrouver du pouvoir sur son quotidien et son territoire. Cette conviction guide tout notre travail sur la participation citoyenne. e-graine est un mouvement d’éducation populaire à la citoyenneté mondiale, et nous faisons le pari que la démocratie ne se répare pas seulement par des réformes institutionnelles : elle se réapprend et se pratique, avec les habitant·es, là où ils et elles vivent. Cette page présente notre vision, nos méthodes et les projets qui les incarnent, et vous oriente vers les sept pages qui les détaillent.

La participation citoyenne, au-delà du vote

La participation citoyenne désigne le fait de prendre part aux décisions et à la vie collective qui concernent son quotidien et son territoire. Elle prend des formes très diverses : donner son avis lors d’une concertation, siéger dans un conseil de quartier, décider d’une part du budget municipal, monter un collectif d’habitant·es, s’engager dans une association.

La démocratie participative, elle, désigne le cadre qui organise cette pratique. Elle ne remplace pas la démocratie représentative, celle des élus et du suffrage. Elle la complète et, quand elle est menée sérieusement, elle la nourrit.

Pour une définition détaillée, les distinctions utiles et le panorama des dispositifs, consultez notre page dédiée à la participation citoyenne, sa définition et ses formes.

Une démocratie qui ne suffit plus à celles et ceux qu’elle représente

Le constat est connu. En France, l’abstention aux élections législatives dépasse les 50 % depuis 2017, et début 2024, une large majorité de personnes déclaraient ne pas avoir confiance dans la politique. À cette démobilisation s’ajoutent celles et ceux qui ne sont pas ou mal inscrits sur les listes électorales. Le lien semble rompu entre les citoyens et la vie de la Cité, dans un climat de lassitude et de méfiance envers les institutions.

Une nuance change pourtant tout le diagnostic. Ce qui recule, c’est d’abord un mode de participation, le vote, quand les autres restent dévalorisés. Les mêmes personnes qui ne votent pas s’engagent parfois dans une association, un mouvement social ou un collectif de quartier. Le désintérêt supposé pour la vie collective est largement un contresens.

Le vrai sujet est celui de l’accès. Participer demande du temps, de l’argent, la maîtrise de certains codes, parfois une connexion internet. Les personnes les plus précaires n’ont pas rompu avec la politique : elles restent invisibles et inaudibles, faute de dispositifs qui leur ouvrent la porte. Les espaces de participation existants sont trop peu nombreux, et surtout trop peu accessibles pour atteindre la population dans son ensemble.

La conséquence se lit dans le débat public : il se referme entre personnes issues des mêmes milieux, et les choix pris au nom de l’intérêt général portent surtout la marque de celles et ceux qui ont pu s’exprimer. Une vie démocratique désertée par une partie de la population laisse d’ailleurs le champ libre à des voix minoritaires pour se faire entendre bien au-delà de leur poids réel.

Reste à savoir ce qu’on en fait. Plutôt que de s’arrêter au constat d’une crise de nos institutions démocratiques, nous choisissons d’embrasser ce contexte comme une opportunité : celle de réinventer, de faire émerger de nouvelles façons de faire société ensemble.

Notre vision : une démocratie où chacun·e a sa place

Nous voulons une démocratie où les citoyennes et les citoyens font partie intégrante des débats et des décisions qui concernent leur quotidien et leur territoire, qu’il soit local, national ou mondial. Cela suppose de développer des espaces de dialogue et de nouvelles méthodes, pour voir émerger une participation réelle où chacun peut prendre place, s’exprimer et agir dans un climat apaisé.

Cette conviction se décline en trois objectifs :

  • Faire prendre conscience que chacun·e a le droit d’exister dans le débat, en déconstruisant les imaginaires qui l’entourent. Le débat public n’a pas à ressembler aux surenchères télévisées : nous défendons une participation fondée sur le débat d’idées et la construction collective plutôt que sur l’affrontement d’opinions.
  • Expérimenter de nouveaux outils de dialogue et renforcer le pouvoir d’agir individuel et collectif, en construisant des modes de participation avec les populations jusqu’ici inaudibles, pour qu’elles reprennent confiance en leur capacité d’action.
  • Réfléchir à des organisations plus directes, enfin. Nous soutenons l’idée d’une démocratie contributive, qui implique toutes les parties prenantes d’une problématique pour s’accorder collectivement sur les solutions, valorise l’apport de la société civile organisée et accompagne chacun vers une participation active, et non une simple consultation.

Cette ambition rejoint les objectifs de développement durable relatifs à la réduction des inégalités et à des institutions efficaces et inclusives.

Ce que l’éducation populaire apporte concrètement

Rendre les sujets accessibles

Un projet d’aménagement, un plan climat, un budget municipal : autant de sujets dont la complexité tient autant au vocabulaire qu’au fond. Nous partons de l’expérience des personnes plutôt que du langage des institutions, en vulgarisant sans prendre personne de haut.

Créer un cadre où chacun a sa place

Avant tout contenu, il y a le cadre. Nos animatrices et animateurs créent un espace qui ne reproduit pas les rapports de domination présents dans la société, où la parole comme le silence sont légitimes, où le doute, la maladresse et le désaccord ne disqualifient personne. C’est la condition de tout le reste.

Aller là où vivent les gens

Nous n’attendons pas les habitants·e en salle municipale. Nous ouvrons des espaces sur leurs lieux de vie, marchés, halls d’immeuble, fêtes de quartier, ce qui permet de capter les signaux faibles d’un territoire et d’être plus réactif face aux besoins réels.

Ne jamais s’arrêter au constat

Le mouvement que nous cherchons est toujours le même : prise de conscience, compréhension des enjeux, puis leviers d’action concrets. C’est ce que nous appelons transformer l’envie d’agir en pouvoir d’agir.

Relier le local et le mondial

Agir sur sa rue avec une conscience des enjeux globaux : c’est l’enjeu de l’Éducation à la Citoyenneté Mondiale, notre référentiel éducatif et cela vaut pour la démocratie comme pour l’écologie.

Nos terrains d’action, en bref

Le Parlement mobile à Bordeaux, à l’été 2021 : une agora mobile installée successivement dans les huit quartiers de la ville, dans le cadre des Assises de la démocratie permanente. e-graine a animé les temps d’échange et contribué à collecter la parole des habitantes et habitants pour la restituer à la municipalité. Cet exemple est détaillé sur notre page participation citoyenne : définition et formes.

Le projet La Capsulerie, à Bagnolet : impliquer sur le long terme toutes les parties prenantes, habitants, associations locales et acteurs institutionnels, pour améliorer ensemble le cadre de vie d’un quartier. Une démarche que nous détaillons sur notre page consacrée à la coopération multi-acteurs sur un territoire.

Les projets Cultivons la participation citoyenne : faire de la pédagogie sur des projets de territoire afin d’accompagner tous les habitants et habitantes à participer aux débats publics qui en découlent. Le prolongement concret de cette logique est présenté sur notre page animer une concertation citoyenne.

Explorer la filière : sept pages pour aller plus loin

Qu’est-ce que la participation citoyenne ? La page de repère : définition, distinction entre information, consultation, concertation et codécision, panorama des formes instituées et autonomes. À lire en premier si le sujet est nouveau pour vous.

Développer le pouvoir d’agir des habitant·es. Ce qui empêche concrètement les habitant·es d’agir, ce qu’ils savent déjà de leur territoire, et comment nous accompagnons le passage de l’envie d’agir au pouvoir d’agir.

L’aller-vers. Sortir de la logique de guichet pour rencontrer les gens là où ils vivent. La démarche, la posture, et ce qui se joue réellement dans une rencontre de terrain.

Méthodes et outils de mobilisation citoyenne. Porteur de paroles, micro-trottoir, cartographie collective, world café : ce que chaque format produit, et comment choisir en fonction de son objectif.

Animer une concertation citoyenne. Le cadre réglementaire, les cinq temps d’une concertation utile, la mobilisation des publics éloignés et les erreurs qui font échouer une démarche.

Faire coopérer habitants, collectivités et acteurs locaux. Notre savoir-faire en ingénierie coopérative : les quatre temps d’un projet de coopération territoriale, les acteurs à réunir, et ce que la démarche laisse derrière elle.

Engager les jeunes dans la vie démocratique. Les instances où les jeunes peuvent réellement peser, ce qui les fait tourner à vide, et comment préparer des jeunes à y prendre place. En complément de notre filière éducation populaire et jeunesse.

Travailler avec e-graine sur la participation citoyenne

Vous êtes habitante ou habitant, bénévole, membre d’un collectif ou d’un conseil citoyen ? Rejoignez une démarche près de chez vous, participez à un temps d’échange ou formez-vous à l’animation participative. Votre connaissance du terrain est une ressource, pas un point de vue parmi d’autres.

Vous représentez une collectivité, un bailleur social, une fondation, une institution ou un établissement ? Nos équipes régionales construisent avec vous des démarches de participation et de coopération territoriale, animent vos concertations et forment vos équipes à l’aller-vers. Nous partons de votre problématique de territoire, pas d’un catalogue.

Nous appelons les acteurs publics à repenser leurs méthodes de participation citoyenne et à professionnaliser l’animation de ces espaces. Et nous invitons chacune et chacun à s’en emparer : la démocratie, ce n’est ni seulement le vote, ni la rue, c’est nous.

Questions fréquentes sur la démocratie participative

Quelle différence entre démocratie participative et démocratie représentative ?

La démocratie représentative repose sur l’élection : les citoyen·nes choisissent des représentants qui décident en leur nom. La démocratie participative organise l’implication directe des habitant·es entre deux élections. Les deux ne s’opposent pas, la seconde complète et nourrit la première.

Pourquoi l'éducation populaire est-elle utile à la démocratie ?

Parce que la participation ne se décrète pas. Créer des instances ne suffit pas si personne ne s’y sent légitime. L’éducation populaire rend les sujets accessibles, crée un cadre où chacun a sa place et accompagne le passage du constat à l’action.

C'est quoi la participation citoyenne ?

C’est le fait de prendre part aux décisions et à la vie collective qui concernent son quotidien et son territoire, au-delà du seul vote. Elle englobe les dispositifs institués, comme les conseils de quartier ou les budgets participatifs, et les initiatives autonomes des habitants.

Comment faire participer des habitant·es qui ne viennent jamais ?

En cessant de les attendre. Cela suppose d’aller à leur rencontre sur leurs lieux de vie, de choisir des horaires et des formats compatibles avec leur quotidien, et de proposer des façons de contribuer qui n’exigent pas de parler en public.

Semons une démocratie plus participative

La démocratie se construit sur le temps long, et elle a besoin que chacun s’en empare. Que vous soyez habitant·e, association, collectivité ou institution, il existe une façon d’y prendre part avec nous. Écrivez-nous pour construire une démarche adaptée à votre territoire, ou rejoignez l’une des actions animées par nos équipes régionales. Pour comprendre les fondements de notre approche, découvrez ce qu’est l’éducation populaire.