1. Accueil
  2. Projet
  3. INTERVIEW : Valentin, bénévole d'e-graine Nouvelle-Aquitaine

INTERVIEW : Valentin, bénévole d’e-graine Nouvelle-Aquitaine

25 Fév 2026

Mathilde est trésorière d'e-graine Hauts-de-France

À quoi ressemble l’éducation à la citoyenneté mondiale quand on la vit de l’intérieur ? À travers cette série de portraits, partez à la rencontre de celles et ceux qui font vivre l’ECM au quotidien. Leurs parcours singuliers, leurs engagements, leurs regards éclairent un mouvement vivant et multiple : e-graine. En mettant en lumière la diversité de ces visages, nous vous invitons à découvrir une autre façon de voir le monde, et peut-être, à prendre part à l’aventure. Aujourd’hui, nous vous présentons Valentin, bénévole chez e-graine Nouvelle-Aquitaine.

Qui es-tu et quel est ton parcours ?

Je m’appelle Valentin, j’ai 30 ans. Je suis venu m’installer à Bordeaux pour le travail il y a quatre ans et demi et je cherchais quelque chose à faire à côté. Je me suis engagé dans plusieurs associations en arrivant à Bordeaux. J’ai fait un peu de bénévolat au théâtre Improvidence et j’y prenais des cours en parallèle.

Comment as-tu découvert e-graine ?

En septembre 2023, sur le forum des associations de Bordeaux, je cherchais des activités pour l’année. J’ai rencontré e-graine sur leur stand et quand j’ai écouté ce qu’ils faisaient, j’ai tout de suite su que c’était vraiment ce vers quoi j’avais envie d’aller. Je ne connaissais pas encore l’éducation populaire et ça m’a paru super intéressant. Le projet associatif et les missions de bénévolat m’ont immédiatement parlé : j’ai senti que c’était fait pour moi.

Pour toi, c’est quoi l’Éducation à la Citoyenneté Mondiale ?

Pour moi, c’est avant tout partager des valeurs et des informations qui créent de la cohésion, du lien, des ponts entre les gens. C’est s’intéresser aux parcours et à la diversité des personnes. Ce sont des repères communs qui nous permettent de bien vivre ensemble et d’avancer vers un monde auquel on aspire collectivement. Des valeurs qui dépassent nos différences et nous aident à nous unir là où, parfois, on aurait plutôt tendance à nous séparer.

Qu’et-ce t’a donné envie de t’engager concrètement ?

Les missions et les thématiques abordées. On m’a parlé de féminisme, d’écologie, d’environnement, d’éducation à la consommation responsable. Ce sont des sujets sur lesquels je sentais que j’avais envie de développer quelque chose, d’avoir un impact, de participer. La toute première mission à laquelle j’ai participé était un atelier sur la thématique “Climat et migrations”, animé par Alexie. On m’a tout de suite proposé de co-animer l’atelier avec elle, en m’initiant à l’outil. J’ai trouvé cela formidable et j’ai tout de suite eu un coup de cœur pour cette manière de transmettre, de générer du débat et de l’engagement avec les participant·es.

Quelle action t’a particulièrement marqué ?

Il y en a eu plusieurs. Une intervention dans une école primaire à Ambarès. On animait un atelier sur l’alimentation. L’objectif était de faire goûter des légumes à des enfants qui n’étaient pas forcément très fans. C’était sympa d’observer la déconstruction de leurs préjugés. C’était aussi un moyen de les éveiller au fait qu’il faut goûter, qu’on a parfois un avis qu’il faut savoir remettre en question.

Une autre action marquante, c’était dans un lycée, un atelier sur le droit des femmes. Une frise chronologique sur l’obtention des droits en France. C’était assez générateur de débats entre les jeunes eux-mêmes. Ils n’ont pas toujours l’occasion d’échanger sur les droits des femmes, ni de se questionner collectivement sur l’importance de ces sujets. L’atelier était très pertinent et ça a vraiment généré beaucoup de discussions.

Quelles sont tes motivations dans bénévolat avec e-graine ?

Je pense que ça répond à une problématique actuelle : il y a de moins en moins d’espaces pour se rencontrer et parler de certaines thématiques. Les gens sont plus isolés, bombardés d’informations. On passe beaucoup de temps seul chez soi face à un écran, et de moins en moins à côté des autres pour échanger. e-graine permet aux personnes de se retrouver, d’être mises face à des sujets de société importants, et de réfléchir ensemble.

Non seulement l’association crée ces espaces, mais elle trouve des moyens d’aborder des thématiques pas toujours faciles et de les rendre accessibles à toutes et tous. Et souvent, les retours sont très positifs. Les personnes trouvent les ateliers pertinents. C’est très motivant pour continuer.

Y a-t-il une rencontre qui t’a particulièrement marqué ?

Toutes les personnes chez e-graine m’ont marqué, j’ai un coup de foudre pour la structure. Je me suis senti à l’aise avec chacune d’elles. Il y a une bienveillance très clairement affichée, un engagement sur un certain nombre de valeurs. Le fait de pouvoir venir dans un espace où les gens prennent du temps pour t’écouter, pour échanger avec toi, c’est très important. Si tu ne te sens pas en confiance, tu n’as pas envie de t’engager. Chez e-graine, cette bienveillance donne envie d’y retourner.

Quelles sont les valeurs qui te tiennent à coeur ou que tu défends ?

Je pense qu’on a plus besoin de partager des valeurs d’amour et de respect. Et puis forcément, tout ce qui touche à l’inclusivité, au respect des autres, des personnes et de la nature. Ce sont des choses qui devraient aller de soi, sans avoir besoin de se justifier. C’est évident qu’il faut se battre pour le respect des autres, et en particulier des personnes minorisées ou marginalisées, et pour notre bien commun : tout ce qui relève du service public, et ce dont on a besoin pour bien vivre ensemble. Et bien sûr, le respect de la nature et de notre environnement. Ça devrait être le socle des actions que l’on mène. Et je sens que chez e-graine, on avance déjà en accord avec ces choses-là, avec l’idée de continuer à les partager avec toutes les personnes qu’on peut rencontrer.

En quoi e-graine a changé ton regard sur le monde ou sur ton rôle de citoyen ?

Ça m’a permis de passer d’une réflexion individuelle à des actions concrètes sur le terrain. Rencontrer des personnes, rencontrer d’autres acteurs, me confronter à la réalité, échanger vraiment. Plus tu agis, plus ça te donne envie de t’engager. On a du mal à agir quand on est seul chez soi. C’est plus efficace de se retrouver au cœur d’un groupe. Ça donne plus d’énergie, plus de force. On ne peut pas changer le monde seul.

Qu’aimerais-tu transmettre à celles et ceux qui veulent rejoindre
e-graine aujourd’hui ?

Eh bien peut-être ça: il faut se rendre compte qu’on est très nombreux·ses à vouloir un monde meilleur. Se retrouver avec d’autres qui partagent cette vision, concrètement dans la vie de tous les jours, montre la force que ça procure.

Ça donne beaucoup d’énergie, du courage et du soutien Il y a plein d’associations qui valent la peine, chacun trouvera celle qui lui convient le mieux. Et chez e-graine, cette force se manifeste dans l’échange, le soutien mutuel et la conviction partagée d’avancer dans la même direction. Cela nous aide à nous sentir mieux et nous pousse à agir. Pour moi, le message est clair : on est nombreux·ses à vouloir la même chose, alors retrouvons-nous, regroupons-nous. Ensemble, on agit mieux et plus efficacement. Et on peut accomplir ce qu’il est difficile de réaliser seul chez soi.

Un mot ou une phrase pour résumer ton expérience chez e-graine ?

Presque révolutionnaire. Pour moi, ça a initié beaucoup de mouvements dans ma vie. Je suis passé d’idées et d’envies à de vraies actions de terrain. J’ai quitté mon travail pour m’impliquer davantage dans l’éducation au sens très large et aussi dans l’éducation populaire. Aujourd’hui, je cherche un emploi dans l’associatif, et je réalise que cet engagement, déjà présent, s’est vraiment concrétisé grâce au bénévolat chez e-graine. C’est un vrai changement dans ma vie personnelle.

Un grand merci à Valentin pour son témoignage, son engagement bénévole et sa curiosité !

Articles récents