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Retour sur…la première mobilité du projet TransmigrationS

4 Juin 2026

Groupe de participants testant des outils de suivi-évaluation du projet MEETT lors d’un atelier collaboratif

An English version of this article is available below.

TransmigrationS en quelques mots

TransmigrationS est un projet de coopération Erasmus+ d’une durée de 26 mois réunissant des partenaires de Macédoine du Nord, d’Italie, d’Espagne et de France :

  • ACATHI
  • BABELE
  • E-GRAINE
  • JOURNALISTS FOR HUMAN RIGHTS
  • ainsi que l’experte externe Estelle Depris (Belgique)

Le projet vise à développer des solutions éducatives et de nouveaux récits autour des migrations LGBTQIA+, une réalité encore trop souvent invisible ou mal représentée dans l’espace public.
À travers des formations, des outils pédagogiques, des méthodologies de narration et des campagnes de sensibilisation, TransmigrationS cherche à accompagner les professionnel·les travaillant avec les jeunes et les communautés migrantes tout en valorisant les voix et les expériences des personnes migrantes LGBTQIA+ elles-mêmes.

TransmigrationS : promouvoir davantage de dignité pour les personnes migrantes LGBTQIA+ grâce à l’éducation et à la coopération

Du 4 au 9 mai 2026, la ville de Pavie, en Italie, a accueilli la toute première mobilité du projet Erasmus+ TransmigrationS, coordonné par un consortium d’organisations engagées pour les droits humains, l’inclusion et la justice sociale. Organisée par Babele, cette rencontre internationale de six jours a réuni dix professionnel·les aux parcours, expériences et identités variés afin d’explorer collectivement une question centrale : comment l’éducation peut-elle contribuer à davantage de dignité, de visibilité et de sécurité pour les personnes migrantes LGBTQIA+ ?

Une première mobilité à Pavie : apprendre à travers la diversité

La première mobilité du projet TransmigrationS a réuni 10 participant·es à Pavie du 4 au 9 mai 2026. Bien que chacun·e possède son propre parcours professionnel, Cristina, Alejandro, Elisabetta, Giorgio, Natasha, Ajsel, Khusbu, Obinna, Paula et Faidra partagent un point commun : ce sont toutes et tous des professionnel·les engagé·es dans les vastes domaines du travail social ou du travail de jeunesse.

Cependant, l’expérience professionnelle ne constitue qu’une partie de l’identité d’une personne, les engagements professionnels sont également façonnés par les parcours de vie, les expériences personnelles, les appartenances culturelles et les différentes dimensions de l’identité.

C’est pourquoi, tout au long de la mobilité, les participant·es ont veillé à créer les conditions nécessaires pour permettre à chacun·e de partager, s’il ou elle le souhaitait, des aspects plus personnels de son identité : origines, âge, SOGIESC (orientation sexuelle, identité et expression de genre, caractéristiques sexuelles), religion, classe sociale ou encore expériences migratoires. 

Sans cette attention portée à la création d’un cadre sécurisant et bienveillant, les échanges, les méthodologies utilisées et les réflexions développées au cours de la semaine n’auraient pas eu la même profondeur.

Comme l’a souligné Giorgio, coordinateur de projet en Italie, la création d’« espaces sûrs et de confiance permettant l’expression de soi » est essentielle lorsqu’on travaille avec des groupes diversifiés et des personnes aux parcours migratoires variés.

Une approche pédagogique

Les formations proposées durant cette mobilité reposaient sur une méthodologie dite « bottom-up », c’est-à-dire une construction des savoirs à partir des expériences de terrain et de la réflexion collective, tout en restant en lien avec la recherche académique.

Le programme comprenait :

  • une journée sur la gestion inclusive de projets animée par EGNA ;
  • une journée sur la psychologie des migrations animée par BABELE ;
  • deux journées consacrées aux migrations LGBTQIA+ animées par ACATHI.

Parmi les outils explorés figuraient notamment Step Into Action, Organisation Outline et Identity Cell, qui ont invité les participant·es à réfléchir aux privilèges, aux discriminations, aux responsabilités institutionnelles et à la complexité des identités.

Cristina, travailleuse sociale espagnole, a souligné l’impact de ces méthodes :

« Les outils pédagogiques et les jeux dynamiques présentés pendant la formation peuvent faciliter la compréhension des sujets abordés et rendre l’apprentissage plus engageant et plus accessible. »

Alejandro, militant LGBTQIA+ et coordinateur de projet en Espagne, a également insisté sur l’importance des méthodes participatives comme le Théâtre de l’Opprimé :

« Il s’agit d’un outil de justice sociale, de résolution des conflits et d’émancipation, qui permet aux communautés d’analyser et de remettre en question les inégalités à travers le jeu théâtral et la mise en scène. »

Au-delà de la formation : réflexions autour de la dignité humaine et de l’inclusion

TransmigrationS n’est pas un projet neutre. Il repose sur la conviction que la dignité humaine ne devrait jamais dépendre de la nationalité, de l’identité de genre, de l’orientation sexuelle, du statut administratif, de la religion ou de l’origine culturelle.

Tout au long de la mobilité, une idée est revenue de manière récurrente : les politiques migratoires et les systèmes sociaux échouent encore trop souvent à protéger les personnes déjà parmi les plus vulnérables. Les personnes migrantes LGBTQIA+ sont fréquemment confrontées à des discriminations multiples : en tant que personnes migrantes, en tant que personnes racisées, mais aussi en tant que personnes LGBTQIA+.

Comme l’explique Natasha Dokovska, journaliste en Macédoine du Nord :

« La protection juridique et la sécurité vécue au quotidien sont souvent deux réalités très différentes pour les demandeur·euses d’asile LGBTQIA+. J’ai réalisé que l’expérience de l’asile dépend non seulement des lois, mais aussi du fait que les personnes se sentent suffisamment en sécurité pour raconter leur histoire. »

Les discussions menées à Pavie ont montré que le racisme, l’homophobie, et les mécanismes d’exclusion ne sont pas des concepts abstraits. Ils façonnent des réalités quotidiennes : hébergements non sécurisés, isolement social, violences administratives, invisibilisation dans les institutions ou encore privation de droits fondamentaux.

La dimension politique de cette mobilité n’était donc pas partisane, mais profondément humaine, elle consistait à reconnaître que l’inclusion ne peut rester un simple slogan. La sécurité, la dignité et la coopération doivent devenir des priorités concrètes dans les pratiques éducatives, les institutions et les politiques publiques !

Les participant·es ont également souligné l’importance de transformer les récits dominants sur la migration. Trop souvent, les personnes migrantes sont décrites sans être réellement écoutées. Trop souvent également, les identités LGBTQIA+ sont réduites à des stéréotypes ou considérées comme des questions secondaires.

TransmigrationS propose une autre approche : créer des espaces où chacun·e peut raconter sa propre histoire, où les pratiques professionnelles deviennent plus inclusives et où l’éducation devient un levier de transformation sociale.

Vers des sociétés plus inclusives

Cette première mobilité ne constitue que le début d’un processus collectif plus large. Au cours des deux prochaines années, les partenaires de TransmigrationS poursuivront le développement de ressources pédagogiques, d’outils de sensibilisation et de campagnes de communication promouvant des récits plus inclusifs autour des migrations et des droits LGBTQIA+.

À une époque où les discours de haine, le racisme et les rhétoriques anti-LGBTQIA+ progressent dans de nombreuses sociétés, des projets de coopération internationale comme TransmigrationS nous rappellent qu’une autre voie est possible : une voie fondée sur la solidarité, l’écoute et la dignité humaine!

Groupe de participants testant des outils de suivi-évaluation du projet MEETT lors d’un atelier collaboratif

L’équipe TransmigrationS invite chaleureusement les lecteur·rices de cet article à :

  • soutenir le travail des partenaires du projet TransmigrationS ;
  • découvrir d’autres organisations, mouvements et projets engagés pour les droits des personnes migrantes et LGBTQIA+ ;
  • nous rejoindre ou nous contacter pour toute question, idée ou envie de collaboration.

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Nous contacter : transmigrations@e-grainena.org

L’équipe TransmigrationS
Partenaires du projet : ACATHI, BABELE, E-GRAINE, JOURNALISTS FOR HUMAN RIGHTS, avec l’expertise externe d’Estelle Depris.

English version below — Version anglaise ci-dessous

Looking back on… the first mobility of the TransmigrationS project

TransmigrationS: Building More Dignity for LGBTQIA+ Migrants Through Education and Cooperation

From 4 to 9 May 2026, the city of Pavia, Italy, hosted the very first mobility of the Erasmus+ project TransmigrationS, coordinated by a consortium of organisations committed to human rights, inclusion, and social justice. Hosted by Babele, this 6-day international gathering brought together 10 professionals to collectively explore one central question: how can education contribute to more dignity, visibility, and safety for LGBTQIA+ migrants ?

TransmigrationS in a nutshell

TransmigrationS is a 26-month Erasmus+ cooperation project involving partners from 5 european countries:

  • ACATHI (Spain)
  • BABELE (Italy)
  • E-GRAINE NOUVELLE AQUITAINE (France)
  • JOURNALISTS FOR HUMAN RIGHTS (North Macedonia)
  • and external expert: Estelle Depris (Belgium)

The project aims to create educational solutions and new narratives around LGBTQIA+ migrations, an issue that remains too often invisible or misrepresented in public discourse. Indeed, through training, pedagogical tools, storytelling methodologies, and awareness campaigns, TransmigrationS seeks to support professionals working with young people and migrant communities while amplifying the voices and experiences of LGBTQIA+ migrants themselves.

A first mobility in Pavia: Learning through diversity

The first TransmigrationS mobility gathered 10 participants in Pavia from 4 to 9 May 2026. Each one having their own professional background, Cristina, Alejandro, Elisabetta, Giorgio, Natasha, Ajsel, Khusbu, Obinna, Paula, and Faidra share one common point : they are all active and motivated professionals in the large fields of social work or youth work.

But professional background and engagement is only one part of the group’s identity. We know that what moves a person’s professional engagement is their identity and background.

Thus, throughout the whole mobility, the group of 10 participants took care of providing safe conditions before sharing more personal information in spectrums like origins, age, SOGIESC (Sexual Orientation, Gender Identity and Expression, and Sex Characteristics), religion, social class,… Without taking these conditions in consideration, the whole mobility would not have been the same in terms of approaches, methodologies or reflections.

As Giorgio, project coordinator from Italy, reflected during the mobility: The creation of “safe and trustable spaces for self-expression” are essential when working with diverse groups and people with various migration experiences.

A bottom-up educational approach

The training courses delivered during the mobility were based on a bottom-up methodology, meaning that knowledge was built from field experience and collective reflection, while remaining connected to academic research. 

The programme included:

  • one day on the psychology of migration facilitated by BABELE
  • two days on LGBTQIA+ migrations facilitated by ACATHI

Cristina, social worker from Spain, highlighted the impact of these methods:

“The educational tools and dynamic games introduced during the training can help facilitate understanding and make learning more engaging and accessible.”

Alejandro, LGBTQIA+ advocate and project coordinator from Spain, also emphasised the importance of participatory methods such as the Theatre of the Oppressed:

“It is used as a tool for social justice, conflict resolution, and empowerment, allowing communities to analyze and challenge inequalities through acting and performance.”

Beyond Training: Reflections on Human Dignity and Inclusion

TransmigrationS is not a neutral project. It is rooted in the belief that human dignity must never depend on nationality, gender identity, sexual orientation, administrative status, religion, or cultural background.

Throughout the mobility, one idea constantly emerged: migration policies and social systems often fail to protect people who are already among the most vulnerable. LGBTQIA+ migrants frequently face double or triple discrimination :  as migrants, as racialised people, and as LGBTQIA+ individuals,

 “Legal protection and real-life safety are often very different realities for LGBTQI+ asylum seekers. I realised how much the asylum experience depends not only on laws, but on whether people feel safe enough to tell their story” according to Natasha, journalist from North Macedonia. 

The discussions held in Pavia highlighted how racism, LGBT+phobia, and exclusion are not abstract concepts, they shape everyday realities: unsafe accommodation, social isolation, administrative violence, invisibility in institutions, and denial of basic rights.

The political dimension of the mobility was therefore not partisan, but deeply human. It was about recognising that inclusion cannot remain a slogan. Safety, dignity, and cooperation must become concrete priorities in educational practices, institutions, and public policies.

Participants repeatedly stressed the importance of changing dominant narratives around migration. Too often, migrants are spoken about without being listened to. Too often, LGBTQIA+ identities are reduced to stereotypes or treated as secondary issues.

TransmigrationS proposes another approach: creating spaces where people can tell their own stories, where professional practices become more inclusive, and where education becomes a tool for social transformation.

Towards more inclusive societies

Groupe de participants testant des outils de suivi-évaluation du projet MEETT lors d’un atelier collaboratif

This first mobility was only the beginning of a longer collective process. Over the next two years, the TransmigrationS project will continue developing educational resources, awareness tools and communication campaigns promoting more inclusive narratives around migration and LGBTQIA+ rights. 

At a time when hate speech, racism, and anti-LGBTQIA+ rhetoric are increasing in many societies, international cooperation projects such as TransmigrationS remind us that another path is possible : one based on solidarity, listening, and human dignity. 

We are aware that this project is one among many others that contribute to fighting against the decline of human rights. The TransmigrationS team warmly invites this article’s readers to: 

  • support the work of TransmigrationS project partners 
  • be curious to discover any other organisation, movement or project around the world advocating for similar causes
  • join us or write to us for more information, questions or ideas

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Get in contact with us : transmigrations@e-grainena.org

TransmigrationS Team

Project partners: ACATHI, BABELE, E-GRAINE, JOURNALISTS FOR HUMAN RIGHTS, with external expert Estelle Depris.

This project is co-funded by the European Union. The opinions and point of views expressed in this article belong to its writers and do not necessarily reflect those of the European Union or the Agence Erasmus+ Jeunesse et Sport France. No responsibility can be attributed neither to the European Union nor to the authority responsible for granting.

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