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Interview : Louis, Stagiaire chargé de capitalisation et de gestion de projets nationaux

15 Juil 2026

Mathilde est trésorière d'e-graine Hauts-de-France

À quoi ressemble l’éducation à la citoyenneté mondiale quand on la vit de l’intérieur ? À travers cette série de portraits, partez à la rencontre de celles et ceux qui font vivre l’ECM au quotidien. Leurs parcours singuliers, leurs engagements, leurs regards éclairent un mouvement vivant et multiple : e-graine. En mettant en lumière la diversité de ces visages, nous vous invitons à découvrir une autre façon de voir le monde, et peut-être, à prendre part à l’aventure.
Aujourd’hui, nous vous présentons Louis Labarbarie, stagiaire chargé de capitalisation et de gestion de projets nationaux à l’Union des associations e-graine.

Qui es-tu et quel est ton parcours ?

Moi c’est Louis Labarbarie. J’ai fait mon stage de 9 mois chez e-graine, mais avant ça j’étais Éducateur Technique Spécialisé, orienté vers l’insertion socioprofessionnelle des jeunes comme des adultes.

Pendant 9 ans, j’ai accompagné des personnes en situation de handicap dans leur maintien en scolarité, leurs recherches d’études ou de formations. Je leur proposais aussi des ateliers pour développer leur savoir-être et leur savoir-faire.

Quel est le projet de vie qui te tient à cœur ?

Mon rêve, c’est de monter une épicerie sociale et solidaire.

Quand j’étais encore éducateur, j’ai répondu à un appel à manifestation d’intérêt de la Ville de Bordeaux pour créer un espace maraîcher autour de l’alimentation.
J’ai voulu y greffer tout un volet insertion professionnelle. Le projet n’a pas abouti mais ça m’a fait comprendre que ce qui m’intéressait aussi, c’était la gestion de projet. J’ai donc repris mes études pour faire un master 2 en coordination de projets dans la solidarité.

Qu’est-ce qui t’a poussé à te réorienter et recommencer des études ?

Le besoin de monter en compétences. Dans tout ce que j’entreprenais, il y avait déjà de la gestion de projet, mais je n’avais ni les mots ni la théorie pour la nommer.

Ces études m’ont été utiles aussi bien pour créer des projets que pour encadrer une équipe.

Comment est née cette volonté de monter une épicerie solidaire ?

Pendant le Covid, j’ai pris conscience de la nécessité de changer notre rapport à l’environnement. C’est là ce moment-là que j’ai commencé à acheter mes fruits et légumes chez des primeurs. Je me suis aperçu que ce n’était pas forcément plus cher qu’en grande distribution, alors que les produits étaient de meilleure qualité et de saison.

Aussi, j’ai toujours voulu sensibiliser les personnes que j’accompagnais aux questions d’alimentation, à comment mieux manger et prendre soin de l’environnement.

Le but de l’épicerie était donc double : proposer un accès à une alimentation saine mais aussi sensibiliser celles et ceux qui en sont parties prenantes aux enjeux qui l’entourent, et leur apprendre à cuisiner différemment.

Est-ce qu’il y a une valeur qui guide ta vie ou ton travail ?

Mon moteur, c’est la transmission et la pédagogie : permettre à chacun·e de développer sa pensée et se questionner sur les différents enjeux d’aujourd’hui. À commencer par la nécessité de prendre soin de notre environnement, puisque nous sommes tous et toutes concerné·es.

Et donc ce qui m’anime vraiment, c’est d’accompagner ce questionnement et de transmettre des valeurs qui me semblent justes.

Y a t-il une chose qui t’a particulièrement marqué au cours de ton engagement ?

C’est souvent un travail de longue haleine, donc il est difficile de mesurer clairement l’impact d’un accompagnement.

Ce qui me touche, c’est quand on revoit des personnes longtemps après et qu’elles nous disent : « J’ai mis longtemps à comprendre, mais votre accompagnement, votre combat, m’a permis de comprendre qu’il est nécessaire d’agir aujourd’hui. »

Quand j’étais éducateur spécialisé, une de mes méthodes consistait à proposer toutes les solutions, bonnes comme mauvaises, sans jamais faire à la place de la personne, mais avec elle. Il faut acepter que la solution proposée puisse parfois échouer pour qu’on y arrive vraiment.

On accompagne les personnes sur une thématique mais la prise de conscience reste autonome et donc pas forcément immédiate. Un peu à l’image d’e-graine : le but est de planter une petite graine, puis de la laisser germer.

Qu’est-ce qui t’a le plus plu chez e-graine ?

L’engagement. C’est ce qui m’a le plus plu et qui m’a aussi le plus surpris.

Chez e-graine ça fait vite corps : les idées et les thématiques sont vite débattues ensemble, avec une même visée. J’ai été frappé de voir à quel point les personnes sont déterminées et croient en leurs idéaux.

Ce n’est jamais simple de faire fleurir des valeurs chez les autres, mais dans cette association, il y a une vraie capacité à continuer d’y croire.

Je me considérais déjà comme quelqu’un qui ne renonce pas et qui tient à ses valeurs, et chez e-graine, j’ai vu que c’était très prégnant et partagé par tout le monde.

Est-ce que ton regard sur certaines choses a évolué depuis que tu es engagé ?

J’aimerais bien garder avec moi cet esprit de bienveillance et de compréhension. C’est une chose que je mettrais aujourd’hui au premier plan : je me dis que j’utiliserai toujours cette méthode-là pour atteindre mes objectifs.

Une dernière chose ?

Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on penche vers des comportements très individualistes. On veut tout en grand et pour soi. Ce que j’aimerais souligner, c’est que la coopération et le partage nous ouvrent aux autres. Et s’ouvrir aux autres permet aussi de recevoir.

Il est important de continuer à pouvoir s’épauler, toutes et tous.

Un grand merci à Louis pour son témoignage, son authenticité et son engagement !

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