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Interview : Ambre, Service Civique au LIA

28 Avr 2026

Mathilde est trésorière d'e-graine Hauts-de-France

À quoi ressemble l’éducation à la citoyenneté mondiale quand on la vit de l’intérieur ? À travers cette série de portraits, partez à la rencontre de celles et ceux qui font vivre l’ECM au quotidien. Leurs parcours singuliers, leurs engagements, leurs regards éclairent un mouvement vivant et multiple : e-graine. En mettant en lumière la diversité de ces visages, nous vous invitons à découvrir une autre façon de voir le monde, et peut-être, à prendre part à l’aventure.
Aujourd’hui, nous vous présentons Ambre Lartisien, volontaire en Service civique au Laboratoire d’Initiatives Alimentaires.

Qui es-tu et quel est ton parcours ?

Je m’appelle Ambre et je suis volontaire en service civique au LIA, le Laboratoire d’Initiatives Alimentaires. J’ai terminé mes études il y a un an et demi, après un parcours en géographie, puis une spécialité sur les enjeux d’alimentation durable et de résilience territoriale.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire un Service Civique ?

J’avais envie de travailler dans mon domaine d’études (l’alimentation) et les seules possibilités étaient les services civiques, parce que pour les CDD ou CDI, soit on te demande cinq ans d’expérience soit le permis de conduire, quand ce n’était pas les deux.
En plus de ça, je pense que je n’osais pas réellement, je me sentais pas encore légitime de travailler.

Le service civique, c’était finalement un bon entre-deux. Ça me permettait d’avoir une tutrice en soutien, de prendre confiance en moi et de faire quelque chose que j’aime.

Le LIA c’est quoi ?

Le Laboratoire d’Initiatives Alimentaires, c’est une association basée dans le quartier de la Benauge, un quartier prioritaire de la ville de Bordeaux.
L’association e-graine Nouvelle-Aquitaine avait l’habitude de travailler dans le quartier. Suite à un diagnostic, l’association a relevé que l’offre alimentaire était très limitée, tout comme les lieux de vie, ce qui amène à de l’isolement social.

À partir de ce constat, le projet du LIA a été co-construit avec les habitants avant de devenir une association indépendante. Ce qui a permis de mettre en place des choses qui découlent directement de leurs besoins.

Concrètement au LIA on propose différentes choses :

  • Une cantine de quartier à prix libre, qui est un vrai lieu de rencontre et de convivialité pour qui souhaite s’y rendre. Avec le collectif de cuisinières du quartier, on cuisine principalement avec les produits issus du marché
    On travaille avec les habitant·es du quartier, principalement pour la cuisine, et un point d’honneur est mis à cuisiner avec des aliments locaux et de qualité.
  • Un marché de produits locaux avec des tarifications spéciales qui se tient un mercredi sur deux dans le quartier, là où il n’y en avait pas avant. On s’approvisionne avec des produits d’un maraîché du Lot-et-Garonne.
  • Des prestations traiteur : un client comme la ville de Bordeaux par exemple peut nous passer commande pour un buffet, qu’on va préparer, livrer et servir
  • Des animations de cuisine de rue. Avec un petit vélo aménagé, on peut se déplacer dans le quartier pour cuisiner avec qui en a envie.

Qu’est ce que tu aimes dans ce que tu fais ?

Ce que je fais me permet de vraiment comprendre le fonctionnement de la cantine et du marché, et de toucher un peu à tout (tenir le marché, gérer l’administratif, faire des animations, cuisiner pour la cantine…). Ça me permet de prendre de l’expérience sur différents domaines.
Comme je compte travailler dans ce domaine plus tard, c’est parfait.

En plus je cuisine beaucoup et ça, je suis trop contente !

Comment est-ce que le LIA crée du lien social à travers les enjeux d’alimentation durable ?

Proposer une offre alimentaire de qualité en favorisant la création de lien social c’est vraiment l’objectif premier de l’asso.

On le fait par la cantine, étant conçue pour être un lieu de restauration mais surtout un lieu de rencontres et de discussions autour du repas pour le plus grand nombre. On fait aussi attention à la manière dont chacun vit ce temps : certaines personnes ont envie de discuter facilement, d’autres sont plus réservées. L’idée, c’est de s’adapter, de créer un cadre accueillant sans jamais forcer, pour que chacun se sente à l’aise et à sa place.

Il y a des gens de différents endroits qui viennent, se retrouvent et parlent pendant une heure et demie. Ils ne se reverront peut-être jamais, mais auront juste aimé ce moment de partage.
Parce que la cantine c’est vraiment ça, un moment de partage.

Y a-t-il une rencontre ou un moment qui t’a particulièrement marqué ?

À la cantine, on a une habituée qu’on surnomme Mimi, elle a plus de 90 ans et elle vient toutes les semaines à nos cantines. C’est un peu la star de l’endroit, tu l’entends arriver avec sa petite canne et ses copines. Quand elle arrive tout le monde est content de la voir et elle arrose les plantes à chaque fin de repas. Elle est merveilleuse.

C’est une personne qui me manquera quand je partirai.

Est-ce que ton regard sur certaines choses a évolué depuis que tu es dans l’association ?

Initialement j’étais plus orientée sur l’alimentation durable. Et aujourd’hui j’ai eu une grosse ouverture sur l’importance du social parce que, même si j’y étais déjà sensible, notre travail au LIA c’est d’aider les personnes qui sont en situation difficile.

Et voir le sourire des gens me fait comprendre que ce travail m’apporte autant qu’à eux.

Qu’est ce que ça t’a apporté ?

Je me sens beaucoup plus à l’aise qu’avant d’avoir rejoint le LIA. Avoir une raison pour m’autoriser à aller discuter avec les gens m’a fait comprendre qu’en réalité il n’y a pas besoin de raison pour le faire.

Et je crois que je commence de plus en plus à prendre confiance en moi grâce à ce travail et de me dire : “Ah, ben en fait, il y a plein de relations avec qui ça marche bien en étant moi-même. Donc ben, en fait, c’est que, c’est que je suis cool.”

Qu’est-ce qui te donne de l’espoir aujourd’hui ?

L’humain, parce qu’il peut être très bon. Le travail que je fais permet d’être en contact tous les jours avec.
J’adore parler avec des gens, parce que je pense qu’on peut toujours se nourrir de l’expérience de l’autre. Et je me dis que le monde n’est pas que cruel comme on peut le laisser entendre.

Parfois c’est simple de voir la bonté des gens, il faut juste avoir conscience qu’elle existe
et bien vouloir la voir !

Un grand merci à Ambre pour son témoignage, sa sincérité son investissement pour les autres

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