Réflexions d’une semaine d’immersion dans l’ESS : GSEF 2025
Valentine Bonnard est chargée de projets – Communication & ESS, à l’Union des associations e-graine. Elle a eu l’opportunité unique de passer une semaine entière au cœur du GSEF 2025, bien au-delà des trois jours officiels du forum. Cette semaine lui a permis de s’immerger au coeur de l’économie sociale et solidaire à travers des séances plénières et tables rondes, d’échanger avec des jeunes francophones venus de 14 pays, et de participer à des ateliers et visites de terrain enrichissants. Valentine nous partage ses réflexions suite à cette expérience inspirante.
La semaine dernière se tenait le Forum mondial de l’économie sociale, GSEF Bordeaux 2025, un rendez-vous incontournable où se croisent acteurs, institutions et initiatives citoyennes du monde entier. J’ai eu la chance d’y participer, grâce à l’appui de l’OFQJ (Office franco-québécois pour la jeunesse), au sein d’une délégation de jeunes francophones venus d’une quinzaine de pays.
Une semaine dense, rythmée par des échanges stimulants, des retrouvailles bienvenues et des rencontres inspirantes. Dès le dimanche, la dynamique était lancée : présentation du programme, temps d’interconnaissance, puis Hackathon le lundi, parcours territoriaux le mardi, et enfin un enchaînement de plénières, tables rondes et ateliers jusqu’au vendredi. Trois sites ont servi de toiles de fond à ces journées : la Cité Bleue, le Hangar 14 et le Palais de l’Atlantique.
Près de 10.000 personnes étaient réunies autour d’un objectif commun : faire rayonner l’économie sociale et solidaire. Un moment fort, porteur d’une belle énergie collective. Mais au-delà de cet élan symbolique, un chiffre m’a interpellé : sur ces milliers de participant·es, environ 500 jeunes inscrits. Je nous épargne le pourcentage : c’est insuffisant.
Cette donnée m’a ramené à une question essentielle : celle de la place que l’on prend et de la place que l’on laisse.
La question des espaces dédiés mérite aussi d’être posée. Si l’intention de créer à la Cité Bleue un espace dédié aux jeunes est louable, elle a paradoxalement pu renforcer une forme de cloisonnement. L’enjeu n’est pas tant de créer des espaces pour la jeunesse, que de créer des espaces avec elle. Dans une logique d’échange intergénérationnel et de partage de compétences, plusieurs ateliers animés pour ou par des jeunes auraient eu toute leur légitimité au sein des espaces plus institutionnels, comme le Palais de l’Atlantique. Cela suppose de reconnaître que la transmission ne peut plus être verticale : elle doit être réciproque, vivante et co-construite.
« Les jeunes ne veulent pas avoir un siège à la table, ils veulent la co-construire ». Cette phrase a conclu le groupe de travail auquel je participais lors du hackathon, animé par la Ligue de l’enseignement. Nous étions invité·es à réfléchir, en sous-groupes, à diverses thématiques liées à l’ESS. Le nôtre portait sur : la gouvernance participative et les parcours d’engagement au sein des organisations de l’ESS. Très vite, les échanges ont convergé vers un enjeu central : la place des jeunes.
Notre projet ? Concevoir un programme d’immersion-inclusion à destination des structures de l’ESS, pour favoriser la participation active des jeunes et une gouvernance réellement partagée au sein de leurs projets.
Nous savons tou·tes combien l’enjeu de relève générationnelle est crucial dans notre secteur.
Mais disposons-nous réellement, au-delà de la bonne volonté, des leviers et des outils pour mobiliser les jeunes, les intégrer pleinement, sans réduire leur participation à un rôle symbolique ?
Notre secteur dispose pourtant d’un atout majeur : il répond, sur le papier en tout cas, à de nombreuses aspirations des nouvelles générations. Quête de sens, exigence de justice sociale, recherche d’équité et prise en compte des enjeux écologiques. Il nous revient de nous emparer de cet enjeu, de b, et d’ouvrir nos structures, nos espaces de gouvernance aux jeunes générations, tout en les accompagnant dans le développement de leurs propres initiatives. Actrices et acteurs de l’ESS, il est plus que temps de considérer les jeunesses comme partie intégrante de nos dynamiques collectives, de laisser la place. Nous ne pourrons pas construire le monde de demain sans y intégrer les générations futures.
S’il ne fallait retenir qu’un moment fort de ces six jours, ce serait sans hésiter la Déclaration internationale de la jeunesse. Fruit d’un travail collectif intercontinental, ce moment m’a semblé aussi inspirant qu’essentiel. Je n’y ai pas directement participé, mais j’ai eu la chance de monter sur scène aux côtés d’une grande partie des délégations jeunes pour soutenir la prise de parole du groupe. Un instant fort, sincère et émouvant.
Malgré les applaudissements et les retours encourageants suscités par cette prise de parole, une évidence demeure : il ne suffit pas d’écouter nos voix, il faut les reconnaître, les prendre en compte et les soutenir.
Le GSEF aura été, pour moi, une expérience précieuse : celle d’une jeunesse qui ne demande pas seulement à participer, mais qui revendique sa légitimité à prendre part aux décisions et à construire l’avenir. Si l’ESS veut demeurer un mouvement vivant et visionnaire, elle devra apprendre à marcher au rythme de ces jeunesses qui la portent déjà.
Je conclurais en citant l’appel final issu de la Déclaration :
Cette Déclaration est une étape : elle porte la voix d’une génération unie par des valeurs communes et prête à conduire les changements nécessaires.
Partout dans le monde, les jeunes construisent déjà des solutions concrètes, à la croisée du local et du global, pour que l’économie serve la vie, la justice et le bien commun.
Nous appelons les gouvernements, les institutions, les collectivités et les acteurs de l’ESS à reconnaître pleinement la jeunesse comme une force de transformation, capable de privilégier la coopération et la solidarité pour relever les grands défis sociaux, économiques et environnementaux de notre temps.
Si l’Économie Sociale et Solidaire est le moyen d’atteindre les Objectifs de Développement Durable, que la jeunesse en soit la force motrice.
Ensemble, faisons de nos engagements des ponts entre les territoires, où les valeurs partagées rencontrent la richesse des diversités locales pour bâtir un avenir commun.
Un grand merci à Valentine pour son retour d’expérience !
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