Le germoir : Là où grandit la chaleur du changement
Le Germoir, c’est LE séminaire national annuel du mouvement e-graine. Cette année, il a eu lieu en janvier en Île-de-France. Peace, volontaire en service civique, vous embarque dans le Germoir à travers son vécu.
Ces 31 janvier et 1er février 2026, le château de Misy-sur-Yonne a été le théâtre de l’un des temps forts du mouvement associatif e-graine. Une fois par an, le temps d’un week-end, dirigeant·es bénévoles, bénévoles, salarié·es et membres des organisations spécialisées, se réunissent pour se rencontrer, créer du lien, célébrer les réalisations et faire mouvement.
Ce germoir 2026 présente la particularité d’intervenir après une année 2025 particulière, sans germoir organisé. Le rendez-vous était donc grandement attendu par la communauté e-graine.
La chaleur humaine au coeur du mouvement
Ayant pris mes marques au sein de l’équipe communication de l’Union des associations e-graine en décembre 2025, en tant que volontaire en service civique à Bordeaux, c’est pour moi le premier germoir auquel j’assiste. Mon voyage pour le château s’est donc fait en van, soit plus de 5 heures de route jusqu’à destination.
Avant un voyage, on se questionne souvent : combien de temps durera le trajet ? Yaura-t-il de la musique ? Mes compagnon·nes de route seront-il·elles sympas ?
Le jour du départ, je suis rempli d’appréhension, en m’installant dans le van. Je distingue presque instantanément une chaleur, le sourire chaud et amical de tous·tes mes compagnon·nes de route. Aussi anodin que cela puisse paraître, cela a eu pour effet de complètement dissiper mes doutes et mes craintes. Le reste du voyage se déroule sur la même lancée : jeux, discussions et musique en tout genre, rythment notre voyage et créent rapidement une vraie cohésion d’équipe.
e-graine est bien le lieu où se déconstruisent les peurs et les préjugés, même sur les voyages !
Une arrivée en fanfare
L’arrivée au château est… tardive. La fête bat déjà son plein à l’intérieur. Nous sommes rapidement embarqué·es dans cet enivrant climat de joie. Je remarque que, chacun·e se montre ouvert·e à la discussion. Par-ici, l’une interpelle l’autre pour en apprendre davantage sur ses passions du week-end ; par-là, deux personnes partagent leur histoire et les raisons qui les ont amenées à e-graine.
e-graine, c’est aussi ça : la curiosité, l’ouverture au monde, la conscience que l’on a toujours quelque chose à apprendre des autres.
Après un copieux repas, quelques pas sur la piste de danse et surtout des échanges avec des personnes qui, comme moi, veulent changer le monde, je leur dis « à demain », laissant la piste à celles et ceux qui veulent danser jusqu’au bout de la nuit.
e-graine, un mouvement d’échanges
Samedi matin, 9h30, le germoir commence officiellement ! Pour faire connaissance et instaurer un climat de groupe, nous entamons la journée par un « energizer » (activité courte et ludique pour favoriser une ambiance de détente chez les participant·es avant une activité collective), comme il est de coutume chez e-graine avant chaque animation.
Celle de la matinée est joyeusement animée par Gurvan. Pour l’occasion, il nous propose une activité mettant à profit nos talents de portraitiste et d’humoriste. Sur fond d’un storytelling autour de gnomes et de cordonniers (dont je vous épargne les détails), nous brossons collectivement une sorte de carte d’identité ludique de chaque participant·e : portrait dessiné à la main, blague favorite, anecdote… Le plus drôle ? Deviner à qui appartient chaque portrait dans cette immense foule. Mon portrait est disons… perfectible. On n’a pas tous·tes la fibre artistique chez e-graine, mais on a bien ri !
Cherchant à qui correspondait le portrait entre mes mains, je me trompe à plusieurs reprises, avant de trouver la bonne personne. Ces moments de confusion sont autant d’occasions pour échanger avec de nouvelles personnes et je n’ai pas été déçu. Les blagues et anecdotes qu’il·elles n’ont pas hésité à partager avec moi ont su captiver mon attention, je voulais toujours en savoir plus !
C’est ainsi que cette première activité s’achève.
Mise en lumière des personnages inspirants
Ensuite, nous assistons au visionnage d’un documentaire sur la vie et l’engagement de Claude Alphandéry. Si ce nom vous est inconnu, retenez que cet homme aux multiples casquettes fut une figure active de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, puis un banquier engagé pour la justice sociale. Il est aussi connu comme le créateur, en 2010, du « labo de l’ESS » qui promeut l’économie sociale et solidaire au niveau national et européen.
J’ai été touché par l’histoire et l’engagement de cet homme, dont le sourire montrait un amour indéfectible pour ce monde et pour qui la vraie force était d’agir, comme si l’on ne pouvait pas échouer. C’est à la fin du film que j’ai pu échanger avec mes co-spectateur·rices.
L’échange avec Julien MAST, président de l’association e-graine, s’est avéré riche. Ayant connu Claude Alphandéry de son vivant, il me le dépeint comme une personne ouverte sur le monde, toujours curieuse des personnes autour de lui et intolérante à toute forme d’injustice ; source de sa résistance inépuisable.
Vers un avenir commun
L’après-midi nous avons d’abord discuté du projet associatif, flambant neuf, en mini-groupes, via la méthode de l’arpentage, avant d’être immergé·es dans la découverte d’outils et projets pédagogiques. L’atelier “pas en avant” m’a particulièrement marqué, tant il rend très concrètes les différentes inégalités qui peuvent exister selon la situation des personnes. En effet, apprendre ne se limite pas à l’école. e-graine propose des outils pédagogiques innovants basés sur des méthodes de pédagogie actives, qui permettent aux apprenant·es d’être acteur·rices de leur apprentissage.
La journée se termine avec l’« apéro des régions », un moment convivial où chaque association locale, tout en partageant une spécialité culinaire de sa région, présente un projet qu’elle souhaite mettre à l’honneur. J’ai malheureusement ici très peu de choses à dire sur ces mets ; c’est pour moi le moment d’entrée en scène. En effet, j’ai lors de cette occasion animé le stand de mobilisation (MOB), ma première expérience en la matière. Pensé tout au long de l’année 2025, le stand MOB prévoit tout un parcours et de nouveaux outils, pour permettre une meilleure mise en valeur des actions et des valeurs d’e-graine, auprès d’un public non sensibilisé. Accompagné par l’équipe de l’Union j’ai pu inviter les autres participant·es du germoir à découvrir les outils de ce stand. Cela a souvent donné lieu à des discussions beaucoup plus personnelles. Certain·nes acceptent même d’accrocher leurs rêves sur notre « arbre des rêves ».
Le deuxième jour, séparé·es en trois groupes, nous assistons, aux choix, soit à une présentation approfondie d’un projet local, à un atelier de réflexion sur la création d’outil pour le documentaire dédié à Claude Alphandéry ou encore à un atelier d’échanges sur la démarche d’e-graine dans le contexte politique. Ces ateliers ont été suivis de pitchs pour réaffirmer notre projet associatif, ce qui nous a permis de mieux saisir nos objectifs communs et l’importance d’avancer ensemble.
Le moment des au revoir
Le dernier déjeuner est aussi celui des « au revoir ». Conscient que nous ne nous reverrons pas de sitôt, une douce nostalgie s’installe. Je dois dire au revoir à toutes et tous, un peu chagriné, sans savoir quand j’aurais la chance de pouvoir, à nouveau, échanger, rire avec elles et eux et m’émerveiller sur leurs aventures et parcours de vie.
Sur le chemin du retour, dans ce même van, la fatigue accumulée durant le week-end se fait ressentir. Le voyage est plus calme. Je rêvasse sur le bord de la vitre, regardant le paysage défiler, repensant à toutes ces rencontres. Pour moi, c’est ça le germoir. Plus qu’un simple moment de rencontre, c’est surtout une révélation de toute la force d’e-graine. Une philosophie portée par des valeurs de partage et de vivre ensemble que j’ai tout de suite reconnues.
Si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait l’incandescente flamme dans les yeux des participants, qui me laissait croire qu’avec de la volonté tout était possible. Je partais de là en ayant la conviction que je devais agir comme si je ne pouvais pas échouer.
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