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Printemps Décolonial de Bordeaux : quand une exposition fait dialoguer expériences, récits et engagements

7 Avr 2026

Groupe de participants testant des outils de suivi-évaluation du projet MEETT lors d’un atelier collaboratif

À l’occasion de la première édition du Printemps Décolonial de Bordeaux, qui s’’est notamment déroulée sur une partie de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme portée par la DILCRAH, e-graine Nouvelle-Aquitaine a déployée l’exposition NOUS d’ailleurs. L’association a proposé un espace de dialogue autour des migrations, des discriminations et des héritages coloniaux, en lien avec les dynamiques locales et les apports de la recherche.

Un festival ancré dans le territoire et les récits

Du 24 au 29 mars 2026, la première édition du Printemps Décolonial de Bordeaux a rassemblé habitant·es, associations, artistes et chercheur·ses, un collectif très riche à l’initiative de cette dynamique locale.
Pensé comme un espace de réflexion et de création, le festival invite à interroger l’histoire coloniale à partir du territoire. Ancien port négrier, Bordeaux porte encore les traces visibles et invisibles de ce passé, dans ses rues, ses récits et ses représentations.

Comme le souligne la revue de recherche de l’Université Bordeaux Montaigne (echos #1 – « D’ici et d’ailleurs »), ces initiatives permettent de croiser les approches — artistiques, scientifiques et citoyennes — pour mieux comprendre comment cet héritage continue de façonner les imaginaires et les rapports sociaux.

À travers une programmation mêlant danse, lectures, discussions, cartographie ou éducation populaire, le festival propose à chacun·e de questionner sa place, ses représentations et ses liens aux autres.

Une exposition pour questionner les représentations

Membre du collectif, e-graine Nouvelle-Aquitaine a contribué à cette programmation en proposant l’exposition NOUS d’ailleurs, dispositif phare du programme Un Univers Citoyen, accueillie à la Bibliothèque Rigoberta Menchù de l’Université Bordeaux Montaigne.
Pendant cinq jours, 120 personnes — lycéen·nes, jeunes en insertion, étudiant·es et personnels universitaires — ont participé à des visites animées par e-graine.

L’exposition a permis d’aborder, de manière accessible et interactive, des questions clés : nos biais dans la catégorisation sociale, la reconnaissance des discriminations au quotidien, les manières de raconter les migrations autrement et la place des influences culturelles dans nos sociétés.

Quel que soit leur niveau de connaissance, les participant·es ont pu acquérir du vocabulaire, porter un regard décentré sur l’histoire et mieux comprendre les inégalités liées aux droits humains. Ces temps ont permis d’ouvrir des espaces d’expression autour de sujets encore sensibles : gêne, fierté, incompréhensions ou revendications.

Relier expériences de terrain et apports de la recherche

L’exposition s’inscrit dans une dynamique plus large, à la croisée de l’éducation, de la recherche et de l’engagement citoyen.

La DILCRAH rappelle, à travers cette semaine nationale, l’importance de créer des espaces éducatifs pour déconstruire les préjugés et favoriser le dialogue.

En parallèle, les différents travaux valorisés dans l’article de Chloé Buire “Décryptage – Faire ensemble, Bordeaux décolonial” de la revue Échos. D’ici et d’ailleurs mettent en avant l’intérêt de démarches ancrées dans les territoires, qui permettent de faire dialoguer savoirs académiques et expériences vécues. Comme le souligne la revue, il s’agit de mieux comprendre comment « les récits, les corps et les pratiques participent à la construction des rapports sociaux ».
C’est précisément ce que permet l’exposition NOUS d’ailleurs : rendre accessibles des enjeux complexes, susciter la discussion et accompagner une prise de recul sur les représentations liées aux migrations.

Une dynamique collective portée par les bénévoles

Au-delà des effets quantitatifs et qualitatifs de l’exposition, une dimension a particulièrement marqué cette expérience : l’engagement des bénévoles.

Depuis janvier 2026, cinq bénévoles se sont mobilisé·es aux côtés de l’équipe salariée d’e-graine pour organiser les visites, animer l’exposition, coordonner la logistique et assurer son montage. Chacun·e a trouvé sa place, selon ses disponibilités et ses envies, contribuant pleinement à la réussite du projet.

Fabien témoigne :

“Participer bénévolement à l’animation de l’exposition immersive « NOUS D’ailleurs » a été une expérience très enrichissante pour moi. Je suis très heureux d’avoir pu m’engager dans ce projet porteur de sens, qui contribue à déconstruire les idées reçues et à ouvrir le dialogue autour des réalités migratoires.”

Cette mobilisation illustre un enjeu fort : accompagner la montée en compétences de citoyen·nes pour qu’ils et elles deviennent eux-mêmes acteurs et actrices de l’éducation aux migrations.

Remerciements

Merci à l’Université Bordeaux Montaigne pour son accueil et son accompagnement, au Collectif Bordeaux Décolonial pour la coordination et la richesse de la programmation et à Valentin, Fabien, Joy, Adrien et Claire pour leur disponibilité et leur énergie.

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