Education populaire à l’école et hors les murs
On a longtemps opposé l’école et l’éducation populaire, comme si l’une détenait les savoirs et l’autre les loisirs. La réalité est tout autre : les deux poursuivent le même but, former des jeunes libres, capables de comprendre le monde et d’y agir. L’éducation populaire à l’école, et autour d’elle, ne concurrence pas les enseignants, elle prolonge et enrichit leur travail. Chez e-graine, nous intervenons dans les classes comme hors les murs, en complémentarité avec l’Éducation nationale. Voici comment cette alliance se construit, et pourquoi elle compte pour les jeunes.
Éducation populaire et école : une complémentarité naturelle
École et éducation populaire partagent une même ambition : l’émancipation. L’une transmet des savoirs disciplinaires, l’autre apprend à les relier au réel, à débattre et à agir. Loin de s’exclure, ces approches se répondent.
Cette complémentarité est d’ailleurs inscrite dans la loi. La loi de refondation de l’école de la République de 2013 a affirmé le principe de dialogue et de coopération entre l’école et tous les acteurs de la communauté éducative. L’éducation y est reconnue comme un projet global, qui doit faire converger l’ensemble des acteurs éducatifs, dont l’école et les associations, autour d’un objectif partagé. Comme le rappellent les spécialistes de la coéducation, c’est finalement le jeune qui fait la synthèse de ces influences multiples, à condition d’être accompagné pour le faire.
Ce que l’éducation populaire apporte à l’école
L’éducation populaire ne se substitue pas à l’enseignement : elle lui apporte un autre regard. Sa marque de fabrique, c’est une approche transversale et systémique, qui met en lumière les interdépendances entre les sujets et donne du sens aux contenus scolaires. Là où un programme découpe les savoirs par matière, l’éducation populaire aide à les relier à des enjeux concrets.
Elle apporte aussi une manière de faire : la pédagogie active et participative, qui rend les élèves acteurs de leurs apprentissages. Concrètement, e-graine intervient en s’appuyant sur les programmes et aux côtés des enseignants, par exemple pour accompagner des éco-délégués ou soutenir un établissement dans sa démarche de labellisation E3D. L’enseignant garde la main, l’intervention vient ouvrir une fenêtre sur le monde. Ces interventions mobilisent des méthodes d’animation en éducation populaire adaptées au cadre de la classe.
L’éducation populaire hors les murs
Le travail éducatif ne s’arrête pas à la grille de l’établissement. Il se poursuit hors les murs : dans le périscolaire, l’extrascolaire, les structures jeunesse, les centres sociaux et les quartiers. C’est tout l’enjeu de la continuité éducative, l’idée que les différents temps de la vie d’un jeune, scolaire, périscolaire et extrascolaire, gagnent à s’articuler plutôt qu’à s’ignorer.
Des outils existent pour organiser cette continuité. Les projets éducatifs de territoire, les PEDT, offrent un cadre pour faire dialoguer l’école, les collectivités et les associations. Relancés récemment, ils ont été élargis jusqu’aux jeunes de 25 ans et visent explicitement à articuler les temps scolaire, périscolaire et extrascolaire. C’est un levier précieux pour ancrer l’action éducative dans la durée sur un territoire.
La coéducation : faire alliance autour du jeune
Derrière ces dispositifs, il y a une idée simple et forte : la coéducation. Coéduquer, c’est reconnaître que personne n’éduque seul, et que des acteurs différents, école, familles, associations, collectivités, ont intérêt à coopérer autour d’un objectif partagé, au plus près des réalités locales. Cette territorialisation de l’action publique permet de tenir compte des contextes de chaque territoire plutôt que d’appliquer une recette uniforme.
Cette alliance entre acteurs d’un même territoire est une forme de coopération territoriale au service des jeunes. Et elle ne se joue pas seulement entre adultes : en y prenant part, le jeune apprend lui-même à faire du lien avec les acteurs locaux et à devenir, à son échelle, un acteur de son territoire.
Soyons lucides pour autant : si la complémentarité fait presque l’unanimité dans les principes, sa mise en œuvre sur le terrain n’est pas toujours évidente. Le principal frein tient souvent au manque d’espaces de concertation entre les professionnels de l’école et ceux des temps périscolaires et extrascolaires. Faire vivre la coéducation, c’est donc d’abord créer ces espaces de dialogue, sans hiérarchie entre les acteurs.
Un exemple concret : e-graine en milieu scolaire
Le parcours « Billet Courant Vert », mené par e-graine Nouvelle-Aquitaine dans des collèges de Gironde, illustre cette complémentarité. Sur plusieurs séances, les animatrices interviennent en classe aux côtés des enseignants, auprès de groupes d’élèves parmi lesquels des éco-délégués, pour les accompagner de la sensibilisation jusqu’à l’organisation de leurs propres actions, ouvertes sur la commune et ses habitants.
L’articulation est concrète : l’association apporte sa pédagogie et son regard sur les enjeux, l’enseignant assure l’ancrage dans la vie de l’établissement et la continuité. C’est cette coopération, et non un simple passage ponctuel, qui permet aux jeunes de s’approprier durablement le sujet. Ce parcours montre aussi comment l’école peut devenir un point de départ pour développer le pouvoir d’agir des jeunes.
Questions fréquentes sur l’éducation populaire à l’école
Quel est le lien entre éducation populaire et école ?
Les deux poursuivent le même but, l’émancipation des jeunes, et se complètent. La loi de refondation de 2013 a d’ailleurs reconnu l’éducation comme un projet global associant l’école et les associations au sein d’une même communauté éducative.
C'est quoi la coéducation ?
La coéducation, c’est la coopération de plusieurs acteurs éducatifs, école, familles, associations, collectivités, autour d’un objectif partagé et au plus près du territoire. Elle part du principe que personne n’éduque seul.
Qu'est-ce que l'éducation populaire apporte à l'école ?
Un regard transversal et systémique sur les contenus, une pédagogie active qui rend les élèves acteurs, et un ancrage dans le réel. Elle n’enseigne pas à la place des professeurs, elle enrichit et prolonge leur travail.
Que signifie éducation populaire « hors les murs » ?
Cela désigne l’action éducative menée en dehors de l’école : périscolaire, extrascolaire, structures jeunesse, quartiers. L’objectif est d’assurer une continuité éducative entre les différents temps de la vie d’un jeune.
Coéduquer avec e-graine
Accompagner les jeunes, c’est un travail d’équipe qui dépasse les murs de la classe. Si vous êtes un établissement scolaire, une collectivité ou une structure jeunesse, faisons intervenir e-graine ou construisons ensemble un projet inscrit dans la durée sur votre territoire. Et si vous êtes enseignant, montons un projet de classe qui ouvre vos élèves sur le monde. Pour resituer cette action dans notre approche, explorez notre page éducation populaire et jeunesse.
