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Développer le pouvoir d’agir des jeunes

Beaucoup de jeunes ont envie que les choses changent. Le climat, les inégalités, le vivre ensemble : les sujets ne manquent pas, l’envie non plus. Ce qui manque parfois, c’est de savoir par où commencer et de se sentir capable d’y arriver, là où l’on vit. C’est là qu’intervient le pouvoir d’agir des jeunes : cette capacité, individuelle et collective, à peser concrètement sur son environnement, à commencer par son quartier, son école et son territoire. Chez e-graine, tout notre travail d’éducation populaire consiste à transformer cette envie d’agir en pouvoir d’agir. Pas à faire à la place des jeunes, mais à créer un cadre où ils peuvent faire par eux-mêmes, avec les autres et sur leur territoire.

Qu’est-ce que le pouvoir d’agir des jeunes ?

Le pouvoir d’agir, c’est la capacité d’une personne à influer réellement sur ce qui l’entoure, seule et avec les autres. Pour un jeune, cela veut dire passer du constat à l’action : comprendre un enjeu, se forger une opinion, puis mener un projet qui a du sens dans son quotidien, son école ou son quartier. Ce n’est pas seulement une affaire individuelle. Le pouvoir d’agir grandit quand le jeune agit avec son entourage et fait du lien avec les acteurs de son territoire, jusqu’à devenir lui-même acteur de coopération sur son bassin de vie.

Il y a une nuance importante entre l’envie d’agir et le pouvoir d’agir. L’envie, c’est le point de départ, la motivation. Le pouvoir, c’est ce qui permet de la concrétiser : des connaissances, des compétences, un cadre et un collectif sur lequel s’appuyer. L’un sans l’autre tourne court.

Cette approche s’ancre dans l’éducation populaire, qui reconnaît à chacun et chacune la volonté et la capacité de progresser et d’agir, à tous les âges de la vie. C’est une démarche émancipatrice : elle part du principe que les jeunes ne sont pas des récipients à remplir, mais des personnes déjà capables, qu’il s’agit d’accompagner. Comme mouvement d’éducation à la citoyenneté mondiale, e-graine relie sans cesse le local et le global : on aide chaque jeune à agir sur son territoire, avec une conscience du monde qui l’entoure.

Pourquoi c’est un enjeu pour la jeunesse aujourd’hui ?

Les grands enjeux du monde, urgence écologique et inégalités en tête, dépassent les frontières et s’imposent à toutes et tous. Face à leur ampleur, beaucoup de jeunes ressentent un mélange d’inquiétude et d’impuissance. Développer leur pouvoir d’agir est une réponse directe à ce sentiment : cela redonne de la prise, de la confiance et de l’autonomie. Et cette prise commence à portée de main, sur le territoire du jeune, là où son action a des effets visibles.

Ce cheminement mobilise ce que l’Organisation mondiale de la santé appelle les compétences psychosociales : savoir prendre une décision, exercer sa pensée critique, communiquer, coopérer, gérer ses émotions. Ce sont des aptitudes qui se travaillent, et qui servent bien au-delà d’un projet ponctuel : elles outillent les jeunes pour la vie citoyenne comme pour la vie tout court.

Comment développer le pouvoir d’agir des jeunes ? La démarche d’e-graine

Notre accompagnement suit une progression éprouvée sur le terrain, pensée pour amener chaque jeune, à son rythme, du questionnement à l’action.

Partir de l’individu

Tout commence par la personne : son âge et son stade de développement, son contexte, ses représentations, ses envies et ses centres d’intérêt. On ne plaque pas un programme, on part de là où en est le jeune. C’est la condition pour que le sujet lui parle vraiment.

Accompagner un cycle de l’engagement dynamique

L’engagement n’est pas un interrupteur, et le cycle de l’engagement n’est pas un escalier que l’on gravirait une fois pour toutes. C’est un processus dynamique : selon le sujet, un jeune peut être déjà informé, sensible, ou même moteur, comme un éco-délégué déjà investi, et il peut évoluer dans un sens comme dans l’autre au fil de sa vie. Nous partons donc toujours de là où il en est réellement, puis nous l’accompagnons vers l’étape suivante, à son rythme, sans viser à tout prix le stade de moteur. Nous résumons cet accompagnement en trois temps : on sème une graine en éveillant la prise de conscience, on la fait germer en plaçant le jeune en situation d’agir avec le collectif, puis on cultive l’engagement dans la durée autour d’un projet porté par les jeunes eux-mêmes.

Construire le sens, se positionner, s’engager

Chaque action repose sur trois étapes pédagogiques. Construire le sens, d’abord : susciter le questionnement pour que le sujet résonne. Se positionner, ensuite : créer des espaces de dialogue où l’on croise les regards et où chacun trouve sa place. S’engager, enfin : identifier des moyens d’agir concrets, individuellement et collectivement, dans son environnement proche.

La posture de l’animateur ou l’animatrice

Dans cette démarche, l’animateur n’est pas le détenteur du savoir, et il ne fait pas à la place des jeunes. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Il crée d’abord un cadre sécurisant : un espace de confiance qui ne reproduit pas les rapports de domination présents dans la société, où chacun a sa place et où la parole, le doute et le désaccord sont légitimes. Dans ce cadre, il ouvre un espace de dialogue et d’expérimentation, propose aux jeunes de vivre autre chose et de décaler leur regard, et autorise l’erreur comme une étape normale de l’apprentissage. C’est depuis ce cadre qu’il facilite, questionne et relie, sans jamais confisquer l’action. Cette semi-autonomie est le moteur du pouvoir d’agir : les jeunes apprennent en faisant, en se trompant et en décidant par eux-mêmes.

Agir sur son territoire : du geste local à la coopération avec les acteurs locaux

Développer le pouvoir d’agir des jeunes ne s’arrête pas à la prise de conscience ni au projet de groupe. Cela passe aussi par un ancrage concret dans le territoire. Agir, pour un jeune, c’est peser sur son quartier, son établissement, sa commune, et faire du lien avec celles et ceux qui font vivre ce territoire : habitants, familles, associations, collectivités, établissements.

C’est ainsi qu’un jeune devient, à son échelle, un acteur de coopération territoriale. On l’accompagne à sortir de l’entre-soi du groupe pour aller vers les autres, à identifier les acteurs locaux utiles à son projet et à coopérer avec eux. Cette logique traverse tout e-graine : à d’autres échelles, des dispositifs comme Vert l’emploi en Île-de-France ou Mon quartier circulaire mobilisent habitants, associations et collectivités autour d’une problématique partagée sur un bassin de vie. Auprès des jeunes, la même conviction s’applique : c’est en agissant sur son territoire, avec ses acteurs, que l’envie d’agir devient un pouvoir d’agir durable.

Un exemple concret : le parcours « Billet Courant Vert » en Gironde

La meilleure preuve, c’est le terrain. Depuis 2020-2021, e-graine Nouvelle-Aquitaine anime des parcours éducatifs dans des collèges de Gironde, dans le cadre de l’appel à projet « Billet Courant Vert » porté par le département. En 2023-2024, l’équipe est intervenue dans quatre établissements, auprès de groupes d’une vingtaine d’élèves.

Le parcours se déroule en quatre phases. D’abord la sensibilisation aux enjeux du développement durable, menée de façon ludique et participative. Puis la préparation d’un événement éco-responsable, entièrement conçu par les élèves : ils imaginent le projet, construisent leur plan d’action, se répartissent les tâches et apprennent à mobiliser autour d’eux. Vient ensuite le jour de l’événement, qu’ils gèrent de bout en bout. Et enfin le bilan, moment de célébration et de recul sur le chemin parcouru.

Les résultats parlent d’eux-mêmes, et ils débordent les murs du collège. Une marche verte organisée par les collégiens de Floirac a rassemblé une soixantaine de personnes, jeunes comme adultes, et jusqu’à un article dans le journal local. Une Compost Party montée par des élèves d’Arveyres a réuni près de 200 personnes. En ouvrant leur projet sur la commune et ses habitants, ces jeunes ont eu un impact réel sur leur territoire. Marie Spanu, professeure de SVT et référente éco-délégués, résume l’évolution : « les élèves ont vite compris leur rôle d’ambassadeur et se sont impliqués pour créer un projet qui leur ressemble. Leur évolution au cours de l’année était spectaculaire. » C’est cela, le pouvoir d’agir en action : des jeunes qui, en quelques mois, passent de spectateurs à moteurs d’une dynamique collective, ouverte sur leur quartier.

Développer le pouvoir d’agir, à l’école comme hors les murs

Ce travail ne se limite pas à la salle de classe. Il se mène en complémentarité avec l’Éducation nationale, en s’appuyant sur les programmes et aux côtés des enseignants, mais aussi dans les structures jeunesse, les centres sociaux et directement sur les territoires. Les méthodes et outils d’animation en éducation populaire s’adaptent à chaque cadre, et le pouvoir d’agir se prolonge naturellement dans l’engagement et la participation citoyenne des jeunes comme dans l’accompagnement de projets portés par des jeunes.

Questions fréquentes sur le pouvoir d’agir des jeunes

C'est quoi le pouvoir d'agir des jeunes

Le pouvoir d’agir est la capacité d’une personne à influer concrètement sur son environnement, seule et avec les autres. Chez les jeunes, il se traduit par le passage du constat à l’action : comprendre un enjeu, se forger une opinion, puis mener un projet qui a du sens dans son quartier, son école ou son territoire.

Comment développer le pouvoir d'agir d'un jeune ?

En partant de ses envies et de son contexte, puis en l’accompagnant pas à pas : éveiller la prise de conscience, le placer en situation d’agir avec un collectif, et le laisser porter un projet dans la durée. L’adulte crée un cadre sécurisant et facilite, sans faire à sa place.

Comment un jeune peut-il agir sur son territoire ?

En partant d’un enjeu qui le touche dans son quotidien, puis en menant une action concrète dans son quartier, son école ou sa commune, et en faisant du lien avec les acteurs locaux : habitants, associations, collectivités, établissements. Il devient ainsi, à son échelle, un acteur de coopération sur son territoire.

Quelle différence entre envie d'agir et pouvoir d'agir ?

L’envie d’agir est la motivation, le point de départ. Le pouvoir d’agir, ce sont les moyens de la concrétiser : connaissances, compétences, cadre et soutien du collectif. L’objectif de l’éducation populaire est justement de transformer l’une en l’autre.

Comment impliquer un jeune dans un projet citoyen ?

En lui confiant un vrai rôle et une part de responsabilité, pas une simple exécution. Un projet où il décide, expérimente et mesure les effets de son action sur son entourage développe durablement sa confiance et son autonomie.

Passez à l’action avec e-graine

Le pouvoir d’agir des jeunes ne se décrète pas, il s’accompagne. Que vous soyez parent, enseignant, animateur ou responsable d’une structure jeunesse, découvrez nos parcours et ateliers pour la jeunesse. Et si vous êtes une collectivité ou un établissement scolaire, construisons ensemble un projet ancré dans votre territoire. Pour situer cette action dans notre approche globale, explorez notre page éducation populaire et jeunesse.