Avec les outils d’e-graine, je me sens actrice dans mon apprentissage

Avec les outils d’e-graine, je me sens actrice dans mon apprentissage

Avec les outils d’e-graine, je me sens actrice dans mon apprentissage

Inès Mundutéguy est chargée de projet en alternance chez e-graine IDF. En parallèle, elle est en troisième année de Bachelor en coordination de projets alternatifs et solidaires à l’école 3A Paris, école du management responsable et solidaire. Fin 2023, elle s’est lancée dans son tout premier parcours de sensibilisation : 10 séances autour des déchets avec une classe de CM1. Dans cet article, elle raconte son expérience et comment elle a accompagné les enfants tout au long du projet.

 

Quel est ton parcours chez e-graine ? 

J’ai d’abord rejoint e-graine IDF en juin 2022 en service civique de 6 mois pour une mission  de mobilisation citoyenne et de communication. Par la suite, j’ai démarré une alternance en août dernier en tant que chargée de projet éducatifs. Ce que j’apprécie particulièrement chez e-graine, c’est la possibilité de rêver à un monde plus juste, responsable et solidaire mais également la manière dont elle le diffuse à travers sa pédagogie active et inclusive. Il m’a toujours été difficile à l’école de me concentrer pendant des heures sans décrocher. Avec les outils d’e-graine, je me sens actrice dans mon apprentissage et je suis heureuse de partager ces méthodes au plus grand monde.

 

Peux-tu nous présenter ton projet “Classes à Paris : Agir face aux déchets” ? 

Ce projet est ma première expérience en tant que chargée de projet éducatif. Le projet consiste en un parcours de 10 séances avec 25 élèves de CM1 entre 9 et 10 ans. L’objectif pour les enfants est de mieux appréhender leurs déchets du quotidien, ​​lever les représentations de chacun et chacune sur ce qu’est un déchet et mettre en avant la ressource potentielle qu’il peut être. Chaque séance, les participants ont découvert les différents types de déchets et leurs cycles de vie (alimentaire, textile, électronique) ainsi que la notion de réemploi. Le parcours était découpé en 5 séances de sensibilisation sur la thématique et 5 séances sur la construction d’un projet collectif. Cette année, les enfants ont choisi de réaliser des décorations de Noël à partir de déchets qu’ils avaient récupérés.

 

Quels constats as-tu fait sur le groupe ? Quelle attitude les élèves ont-ils adoptée ? Quel est l’impact selon toi des méthodes d’e-graine sur l’apprentissage des enfants ? 

Les premières séances m’ont permis d’établir les dynamiques sociales du groupe en question. Tout d’abord, j’ai beaucoup interrogé les élèves sur leurs habitudes face aux déchets. J’ai pu remarquer que les enfants avaient du mal à apporter leur réponse propres et répétaient souvent la pratique du voisin. Cela m’a questionné sur comment j’abordais la thématique, et comment je pouvais donner confiance aux enfants, pour qu’ils prennent position selon leurs croyances respectives. En faisant cette constatation je me suis rappelée à quel point les méthodes d’e-graine sont importantes pour construire un monde plus conscient ! Ainsi la pensée complexe a permis aux enfants d’avoir une approche plus globale, d’être plus critique, de ne pas se contenter de réponses simples.

Par ailleurs, j’ai également pu constater que les enfants font preuve d’un individualisme assez marquant, et ne coopèrent pas si naturellement. Par exemple, les prises de paroles étaient inégales lors des groupes de travail. Il a donc fallu mettre en place des tours de paroles pour que chacune et chacun puisse avoir l’espace d’apporter son point de vue et se sente légitime de le faire.

Tout ce travail sur la pensée complexe et la coopération effectué lors des 5 premières séances a énormément payé. Lors de la création et de la mise en place du projet, le groupe a fait preuve de solidarité, d’écoute, de bienveillance mais aussi d’une créativité débordante. Ils sont sortis hors de leur zone de confort avec l’envie de tester de nouvelles choses. Il est nécessaire d’être réaliste, mais je trouve qu’à n’importe quel âge, il est important de ne pas oublier de rêver grand, c’est d’ailleurs une des premières choses que j’ai apprise en arrivant chez e-graine. En rêvant, on augmente le champ des possibles, on pousse des portes et on provoque le changement.

 

Qu’as-tu appris lors de ce projet ? Et plus globalement en tant que chargée de projet ? 

J’ai l’impression d’avoir autant (voire plus !) appris qu’eux durant ces 10 séances. Lors des premières semaines, j’ai ressenti beaucoup de stress et d’appréhension. Se retrouver seule devant une classe d’enfants et une enseignante expérimentée m’a ajouté une pression supplémentaire. Je n’avais aucun doute sur mes capacités à animer mais plutôt sur ma posture, le relationnel avec les enfants et les éventuels imprévus à gérer. L’aboutissement de ce projet m’a fait prendre confiance en moi, en mon travail, et je me suis sentie plus légitime dans mon rôle de chargée de projet. Voir les enfants évoluer en si peu de temps est une expérience très gratifiante.

Pendant mon service civique j’ai plusieurs fois eu l’occasion d’animer des ateliers isolés, mais jamais de parcours. J’ai pu constater que ce sont deux choses vraiment différentes. Lors d’ateliers isolés, il est difficile de mesurer notre impact au vu de la rapidité des échanges. Lors d’un parcours, on sent vraiment des évolutions et des mécanismes de pensées qui se mettent en place.

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