Black Friday : pourquoi changer ses façons de consommer est-il si important en 2023 ?

Black Friday : pourquoi changer ses façons de consommer est-il si important en 2023 ?

Quand on vous dit Black Friday, vous pensez sûrement bons plans, bonnes affaires et soldes. Le Black Friday ou “vendredi noir” a cependant bel et bien sa part d’ombre : surconsommation, gaspillage, manque de transparence et coût écologique. Certaines marques de l’industrie textile ne nous disent pas toute la vérité quant à ce jour surmédiatisé. Nombreux·ses aujourd’hui sont celles et ceux qui se questionnent sur son éthique et qui invitent au boycott de l’événement.

 

  • Le vendredi noir approche : Pourquoi ne pas y participer ? 

Ce n’est plus un secret pour personne. L’impact de la mode sur le monde est négatif. La planète et la justice sociale sont mises à mal par nos envies de consommer toujours plus, pour toujours moins cher. Derrière un t-shirt à bas prix se cache pourtant  des coûts écologiques et sociaux. 

Pourquoi un coût écologique ? Le succès du prêt-à-porter a révolutionné notre façon d’acheter des vêtements mais il a fait de la mode une des industries les plus polluantes de la planète. 

On sait qu’il faut approximativement 7500 litres d’eau pour fabriquer un seul jean (parfois jusqu’à 11000 litres). Ce chiffre devient disproportionné lorsque l’on apprend que 7500 litres représentent l’équivalent de la consommation d’eau d’une personne en moyenne sur une période de 7 ans.  

Mais ce n’est pas tout, pour fabriquer ces vêtements, de nombreux pesticides sont utilisés pour traiter et colorer les tissus. Elles contiennent souvent des dérivés d’arsenic, substances extrêmement toxiques mettant en danger la santé des travailleurs et polluant les sols, l’eau et affectant la biodiversité.  

Selon le guide de Zero Waste France, les pesticides utilisés dans la culture du coton par exemple, matériaux primaires dans l’industrie textile, seraient à l’origine du décès de 22 000 personnes chaque année. 

Pourquoi un coût social ?

Le modèle dominant de la fast fashion encourage les entreprises à continuer de produire à un rythme soutenu, rythme qui ne garantit que très rarement les droits des travailleur·ses textiles. 

Le Bangladesh, pays qui accueille bien souvent les usines de production des grandes marques de Fast-Fashion, connaît en 2023 des mouvements sociaux qui grondent parmis les travailleurs, incitant à la remise en question de ce modèle de consommation : des dizaines de milliers d’ouvrier·ères du textile ont entamé une grève historique pour demander la hausse de leurs salaires et l’amélioration de leurs conditions de travail. 

Face à un salaire misérable qui s’élève autour de 8.300 takas (70 euros mensuels), les travailleur·ses du secteur, composé à 80% de femmes, demandent un triplement de leur salaire, soit 23.000 takas (190 euros).

Mais le Bangladesh n’est pas le seul pays où les ouvriers subissent une exploitation financière et des conditions de travail déplorables.  A l’instar du Bangladesh, de nombreux autres pays (du Sud comme du Nord) souffrent des conséquences de la fast fashion. Par exemple, un rapport du département américain du travail fait état de résultats d’enquêtes “choquants” qui révèlent que les ouvriers du textiles à Los Angeles ne sont payés que 1,58$ de l’heure (soit 1,48 €) et que 80% des fabricants enfreignent les lois sur les salaires et les horaires de travail. 

Ainsi, partout dans le monde les impacts négatifs de la mode sont palpables, la frénésie de consommation qui connaît un bond depuis les années 2000 et avec elle, la hausse du coût écologique et humain doit s’arrêter. Faire le choix de boycotter le Black Friday, c’est faire le choix de dire stop à cette frénésie consommatrice. 

 

  •  Comment repenser ses modes de consommation ? 

Réinventer ses façons de consommer, de produire, d’échanger, cela ne semble pas être une si mauvaise idée face aux défis qui sont les nôtres aujourd’hui et celà est possible  en choisissant de nourrir les alternatives au Black Friday car elles existent ! 

Par exemple, acheter des vêtements de seconde main. La seconde main, c’est le fait de donner une deuxième vie à un vêtement plutôt que d’acheter neuf. En d’autres termes, l’article d’occasion  va trouver un·e nouveau·elle acheteur·euse pour augmenter son espérance de vie, et ainsi éviter le fond du placard ou la poubelle.

Selon Oxfam, il y aurait 130 milliards de vêtements consommés chaque année dans le monde. Ce chiffre qui donne le tourni est le reflet d’une société d’hyperconsommation où l’on achète bien souvent des vêtements sans réfléchir aux conséquences nombreuses, et néfastes qui se cachent derrière. 

La seconde main, c’est favoriser des articles qui durent plus longtemps, réduisant le coût social et environnemental qui se cache derrière chaque vêtement produit. 

C’est aussi soutenir une économie dite circulaire : “L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation et le gaspillage des ressources et la production des déchets. Il s’agit de passer d’une société du tout jetable à un modèle économique plus circulaire.” 

Acheter dans des magasins qui proposent de la seconde main permet de favoriser cette économie plus durable. 

De plus, à proximité de chez vous, de nombreux commerces (friperies, ressourceries, recycleries) ou particuliers (brocante, vide grenier, vide maison) pratiquent la seconde main, vous pouvez ainsi participer à l’économie locale ! 

En bref, chiner, acheter en fripes, acheter d’occas’, faire de la récup’, c’est un moyen de soutenir des modes de production et de vente en lesquels nous croyons, pour aujourd’hui et pour demain : c’est acheter responsable, mais attention tout de même à éviter les excès. 

Mais, bien évidemment, c’est aussi et surtout boycotter le Black Friday. L’événement qui prône une consommation déraisonnée doit aujourd’hui être boycotté pour permettre d’agir concrètement en faveur d’une consommation responsable.  

Le 24 novembre, vous pouvez décider de vous engager sincèrement pour une cause qui vous tient à cœur, que celle-ci soit la défense de l’environnement, la défense des droits humains ou bien les deux !  Parce que nous savons que le boycott n’est pas inutile et que le nombre fait la force, apprenons ensemble à consommer différemment et sensibilisons nos proches à faire de même car il n’y a pas de petits gestes quand nous sommes des milliards à le faire. 

 

 

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